Trois historiens se penchent sur les grands moments de la FSGT

Publié le par Rino D.

A lire sur le blog de Nicolas Kssis-Martov, Never Trust a Marxist in Football.

Pour les 80 ans de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, la revue Sport et Plein Air (déc. 2014) a recueilli les analyses et réflexions de trois historiens sur "le riche passé de la fédération".

La FSGT dans le Front Populaire

Questions à Danielle Tartakowsky, professeur d'histoire contemporaine à Paris-8. Auteure de la préface du livre La FSGT: du sport rouge au sport populaire

(éd. Sport et Plein Air / La ville brûle)

 

Comment la FSGT s'intégre-t-elle dans l'histoire du front populaire ?

L'inscription du sport travailliste dans le champ politique répond, depuis 1907, d'une histoire qui se déploie au rythme des scissions et des alliances, à l'image du mouvement ouvrier dans son ensemble, avec à cet égard, un possible rôle avant-gardiste. Celui-ci s'exprime en décembre 1934 quand les fédérations sportives socialiste (USSGT) et communiste (FST) fusionnent pour donner naissance à la FSGT, en réunissant aussi bien leurs forces que leur sigle. Une réunification dont il n'est durant cette période d'autre exemple hormis la CGT. On pourrait donc affirmer que d'une certaine manière la FSGT anticipe le front populaire. Le sport travailliste se révèle ainsi un lieu d'unité précoce entre les diverses tendances qui auparavant s'affrontaient sans ménagement. Elle a, au préalable, développé des pratiques militantes sans lesquelles le Front Populaire n'aurait pu exister, un forme originale d'usage politique de la culture, en s'appuyant sur le tissu associatif. Elle constitue quelque part, à ce titre, le plus beau fleuron du Front Pop. Cette expérience a en outre provoqué une forte croissance des effectifs, qui ont fait franchir un seuil à cette mouvance. Sa valeur se mesure aussi à cette aune qui démontre la pertinence de ce qui se réalise alors.

Ne peut-on pas considérer que le front populaire représente un moment à part, une espèce de « parenthèse enchantée » ?

Si on privilégie seulement la perspective d'une histoire politique à court terme, nous savons naturellement très bien que tout se termine trés mal en 1939. Toutefois l'historien ne peut pas s'en contenter, ni se limiter à cette analyse à brève échéance. D'abord parce que de nombreux aspects et évolutions se retrouveront ensuite à l'oeuvre dans la résistance qui elle-même influencera fortement et sur la longue durée la France de l'après-guerre. Pour en revenir au tissu associatif, cette époque se caractérise par la diffusion de nouvelles formes et de pratiques culturelles innovantes au sein du mouvement ouvrier, qui, soulignons-le, commencent d'ailleurs à émerger avant, et qui vont à partir de 1934 redéfinir durablement le rapport des individus au collectif, voir plus largement la manière de faire de la politique. Et la FSGT fait alors de la politique au sens étendu du terme. La fédération sportive s'est donc imposée comme une organisation propre à construire des solidarités militantes et à forger des cadres. Ses adhérents furent longtemps des militants au plein sens du terme, qui, du reste, payèrent à ce titre un lourd tribut durant la guerre d'Espagne, sous l'Occupation ou lors de la guerre d'Algérie. Ces nouvelles pratiques vont, on le voit, perdurer au-delà de l'étape fondatrice du Front Populaire stricto sensu. Elles vont impacter durablement la construction du social dans notre pays. Sans doute cette organisation n'a-t-elle pas échappé ensuite aux évolutions qui valent à l'adhérent de le céder depuis quelques décennies à l'usager, dans le domaine du sport, de la culture et des loisirs plus qu'en d'autres. Il n'en reste pas moins que le Front Populaire façonna une culture militante unique dont la prégnance demeure.

Quels étaient les regards extérieurs portés sur la FSGT à l'époque, principalement de la part des autres acteurs du Front Populaire, politiques notamment ?

C'est une excellente question et finalement un travail historique qui reste à mener, et dont on peut espérer que ce dernier intéréssera de jeunes chercheurs. Naturellement durant ces quelques années il se produit des déplacements de focales, le sens des priorités n'est pas forcement porté sur le sport, surtout dans les partis politiques, avec la montée des périls de guerre, la menace du fascisme et du nazisme. Toutefois je pense qu'au niveau des muncipipalités - les élections de 1935 furent très favorables aux partis de gauche, et en particulier le PCF-, quelque chose de déterminant s'observe et qui se révélera dans toute son importance dans les decennies suivantes. Les enjeux autour de la construction des équipements, des loisirs,  de la jeunesse etc, concernent de fait au premier chef le sport travailiste qui y occupe une place improtante. Il existe alors une évolution notable dans les rapports entre les clubs travaillistes, avec l'élargissementt de leur assise sociale, et les villes qui les hébergent. D'autre part, nous savons qu'au niveau gouvernemental, avec la création du sous-secrétariat confié aux soins de Léo Lagrange, l'influence de la FSGT se révélera non négligeable. C'est bel et bien sur ces deux plans, l'Etat et la municipalité, que la perception du sport travailliste et sa nouvelle structure unifiée, la FSGT, se modifie radicalement.

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La baraque FSGT du camp de Choisel (début juin 1941)

Par Patrick Clastres

Chercheur associé au Centre d'histoire sociale du XXème siècle - Université Paris-1

Je souhaiterais d'abord commenter cette photographie comme si elle venait d'être retrouvée dans une vieille boîte à chaussures, sans rien savoir de ces douze personnages (treize si l'on compte le photographe) ni du contexte.

Peut-être avons-nous affaire à une équipe de football, si on met à part ce douzième homme debout un peu en retrait. Les dossards portant la mention « Paris B », y aurait-il une équipe A ? Au vu des coiffures, on opterait pour les années 1930-1950. Que celui en bas à droite pose torse nu avec son dossard appliqué sur la peau paraît bien inhabituel : le match serait-il fini ? L'aspect hétéroclite de leur équipement, sans cohérence de tons, ne peut qu'étonner : des shorts avec des pantalons mal fagotés, des ceinturons bizarrement ajustés, des chemisettes avec des débardeurs et des maillots de corps, pas toujours propres d'ailleurs. L'autre point déconcertant tient à la diversité des âges des participants, l'un semble très jeune avec un joli maillot blanc traversé d'un bandeau sombre, un autre paraît infiniment plus vieux. Surtout, ces sportifs n'ont ni la mine réjouie ni la vigueur des habituelles photos d'équipe : des sourires à peine esquissés, des mines parfois renfrognées, des attitudes graves et pesantes. En arrière-plan, on ne voit ni gymnase ni stade, juste des baraquements à la fonction indéterminée.

À vrai dire, cette photo appartient à la donation effectuée en 2007 par la fille adoptive de Prosper Môquet, le père de Guy Môquet, au Musée de la résistance nationale à Champigny-sur-Marne. Car le jeune garçon en maillot de sport s'avère être Guy Môquet, resté célèbre dans la mémoire de la résistance et du communisme français. Né le 26 avril 1924, « communiste de naissance », Guy est renvoyé à l'âge de six ans des petites classes du lycée Carnot pour avoir affiché ses opinions politiques. Sa dernière et si émouvante lettre a donné lieu récemment à une tentative de récupération politique de la part de Nicolas Sarkozy et à une bataille mémorielle. Adhérent des Jeunesses communistes depuis 1938, il se réfugie avec sa mère et son frère en Normandie au moment de l'occupation de Paris. Revenu dans la capitale à vélo, il devient responsable des jeunes militants clandestins du XVIIe arrondissement. Il distribue alors des tracts réclamant la libération de son père, l'un des députés communistes internés en Algérie par le gouvernement Daladier. Cet acte de piété filiale lui vaut d'être arrêté le 13 octobre 1940 et passé à tabac par la Brigade spéciale à la Préfecture de Police. Acquitté après cent jours de prison, il est tout de même interné administratif et mis au cachot quelques jours pour avoir réclamé le droit de recevoir des colis. Avec nombre de militants communistes qu'il avait côtoyés avec son père (Henri Ryanaud, Jean-Pierre Timbaud dit Tintin, Jean Grandel, Léon Mauvais, Eugène Hénaff, le député Charles Michels), il est transféré le 10 mai 1941 de la centrale de Clairvaux au camp de Choisel à Châteaubriant près de Nantes. Benjamin du camp, il aime alors s'adonner aux exercices sportifs dirigés par Auguste Delaune. Il sera fusillé le 22 octobre 1941 avec 26 autres camarades, d'après les consignes de Pierre Pucheu, en représailles de l'assassinat du commandant allemand de la place de Nantes. En pleine jeunesse, pour l'exemple.

Au lycée Carnot qu'il fréquenta de nouveau jusqu'en 3e, il avait l'habitude de défier à la course à pied Charles Éboué, le fils du gouverneur Félix Éboué qui a rallié le Tchad à la France Libre en août 1940. Fondé dans les murs de l'ancienne école Monge, le lycée Carnot a une grande tradition sportive : Guy en porte peut-être le maillot, à moins que cela soit celui de son club FSGT. De sa correspondance avec sa mère Juliette et son père, nous comprenons qu'il a organisé un challenge sportif dans le camp de Choisel. Or, dans le premier tract de « Sport libre » diffusé en avril 1941, Robert Mension suggère de mettre en place des challenges pour obtenir la libération du secrétaire général de la FSGT Auguste Delaune. Les recoupements des photos du fond Saffret-Môquet font penser que c'est justement Delaune qui se trouve à droite de Guy, peut-être devant la baraque 10 dite « baraque des jeunes ». Auguste Delaune a été arrêté par la police française le 6 décembre 1940 et transféré au camp de Châteaubriant d'où il s'évadera le 25 novembre 1941, avant d'être repris et torturé à mort par la Gestapo en septembre 1943. Apprenti soudeur au Havre, adepte de la course à pied au club ouvrier local - il sera 15e au « Cross de L'Huma » de mars 1929 -, adhérent des Jeunesses communistes, mis à l'index par le patronat, Delaune a rejoint Saint-Denis où il débute sa carrière à la FSGT et dans le parti. Investi dans la réunification de 1934 des deux fédérations sportives, socialiste et communiste, il est nommé membre du Conseil supérieur de l'éducation physique et des sports par Léo Lagrange.

Grâce aux archivistes de Champigny, il est possible d'identifier encore trois acteurs. Celui qui est debout tout à fait à l'arrière-plan serait Louis Dolly (1905-1993), futur maire de Villejuif de novembre 1944 à 1977. Né à Paris dans une famille ouvrière, il adhère aux Jeunesses communistes dès 1923 et à la CGTU en 1924. Son militantisme contre la guerre du Rif en 1924 ou sa participation à la manifestation interdite du 9 février 1934 lui vaut d'être bien connu des services de police. C'est aussi un militant actif du sport ouvrier : membre de l'Union sportive ouvrière de Clamart (Fédération sportive du travail) depuis 1919 et, depuis 1925, du Club athlétique ouvrier de Villejuif dont il devient le secrétaire général. C'est donc naturellement qu'il intègre l'équipe municipale en 1935 comme adjoint chargé des sports et de la culture, puis d'en être promu 1er adjoint en 1937. Arrêté le 5 octobre 1940, huit jours avant Guy, il est transféré plusieurs fois jusqu'à son séjour à Châteaubriant d'avril 1941 à mai 1942 : il s'évadera du camp de Pithiviers le 14 mars 1944. Roger Sémat est peut-être celui qui se trouve en haut à droite. Commandant de la IIe compagnie des FTPF, il sera l'un des libérateurs de Saint-Denis peu de mois avant de décéder en février 1945. Son évasion du camp le 18 juin 1941 avec Eugène Hénaff permet de mieux dater encore cette photo qui a fort probalement été prise au moment de la visite au camp de Juliette et Serge Môquet en juin 1941. Du colosse breton Lenouares accroupi au premier rang à droite, nous ne savons rien pour l'heure si ce n'est qu'il est devenu l'ami de Guy avec le jeune Rino Scolari.

Dans le sport FSGT, il existe alors une grande tradition populaire de course à pied, avec des figures telles que Jules Ladoumègue, sans oublier évidemment le très réputé Cross de l'Humanité. À cela s'ajoute la formule des « challenges » du sport travailliste qui oblige le vainqueur à remettre en jeu son prix l'année suivante. La course de relais qui a eu lieu dans l'enceinte du camp - d'où les dossards, - est à l'opposé de la compétition individualiste du sport « bourgeois ». Cette approche qui préfère l'émulation collective à la compétition de chacun contre tous est théorisée depuis 1928 sous la plume de l'austromarxiste Julius Deutsch, président de l'Internationale sportive de Lucerne (ISOS).

Le jeune Môquet, dont le dossard est conservé au musée de Champigny, aurait ainsi mobilisé tous les sportifs de ce camp qui rassemble nombre de communistes afin de courir un challenge de l'espoir. D'une certaine manière, le challenge athlétique de Choisel est un acte de résistance et de patriotisme. Il a une valeur de régénération en ce qu'il permet souder les internés politiques, d'échapper à l'ennui et à l'oppression, de se reconstituer psychiquement. Certes, pour n'avoir pas dénoncé le pacte germano-soviétique, Auguste Delaune a été évincé de la direction de la FSGT par des dirigeants « néo-socialistes » qui basculent dans la collaboration. Certes, tous, jeunes et vieux, sont emprisonnés sous la garde des gendarmes français du régime de Vichy. Il reste que cette photographie prise à la dérobade conserve le témoignage d'un sport travailliste toujours vivant.

Bien sûr, ce cliché appartient à la mémoire de la FSGT et du parti communiste. Mais, en ce qu'il illustre la jeunesse et le courage des sportifs résistants, il appartient aussi à la mémoire et au patrimoine national. Il devrait figurer dans les manuels scolaires à côté de la dernière lettre de Guy à sa mère. « Certes, j'aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. (…) 17 ans et demi(e), ma vie a été courte, je n'ai aucun regret… Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Séserge (son petit frère), papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage ! Votre Guy qui vous aime. »

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La FSGT en transformation : les années 70

Questions à Fabien Sabatier

Maître de conférence à l'Université Bordeaux-2

 

1) Quelles furent les principales évolutions de la FSGT durant les années soixante-dix et quatre-vingt ?

Les plus marquantes sont bien connues, du moins de ceux qui connaissent un peu le sujet. Déjà, et évidemment, les Stages Maurice Baquet et leur développement, dans et au-delà de la FSGT (je songe principalement au monde de l'EPS). Deuxième dimension, tout ce qui renvoie au chantier de l'autogestion, déjà analysé par Marianne Borrel dans sa thèse. Cette volonté de rupture avec le centralisme démocratique, déjà en germe dans les années 60, se réalise sans qu'il y ait néanmoins rupture avec le communisme au sens large, ou même le PCF pour ce qui relève de la forme partisane. D'abord sûrement comme de nombreux historiens l'ont expliqué, parce qu'à ce moment le Parti Communiste n'attache plus la même importance à la FSGT. Il faudrait évidemment désormais affiner, regarder comment cette tendance s'est manifestée sur le terrain ou au niveau des communes communistes, par exemple après que la FSGT ne signe pas le programme commun en 1972. Nous devons passer désormais d'une histoire nationale, ou des centres dirigeants (tel le CPS*), à une histoire plus locale, ou régionale, à une histoire plus sociale.

*Conseil Pédagogique et Scientifique de la FSGT

 

2) Quelles furent également les inflexions au niveau de la politique internationale, qui reste depuis toujours un marqueur fort de la FSGT ?

Il reste encore beaucoup de travail pour les chercheurs à ce propos. Il existe d'abord l'engagement de la FSGT dans la et le CSIT*. Et en outre forcément toutes les relations avec les pays de l'est, et en particulier l'URSS et la RDA. Progressivement toutefois d'autres implications vont apparaître voire devenir prédominantes.

En premier lieu, l'Afrique du Sud et l'Apartheid. Nous savons l'ampleur des campagnes menées par la FSGT, ses rapports avec les organisations de « sportifs non raciaux ». Ce combat indique la permanence d'une sensibilité pour la question de la domination, qui glisse peut-être alors sur le problème « racial » dans un contexte post-colonial. Il faudra aussi ré-explorer cette période, notamment avec de l'histoire orale, les témoignages des grands témoins et acteurs et en allant en Afrique du sud dénicher comment cette solidarité fut ressentie.

Enfin, impossible d'oublier l'engagement avec la Palestine et les sportifs palestiniens, avec de nouveau un grand investissement de René Moustard. Il faudrait, de manière complémentaire, scruter le rôle initial d'Alain Gresh, aujourd'hui rédacteur au Monde diplomatique, et alors responsable de l'international au PCF. Pour le moment nous sommes plutôt sur la connaissance discursive, sur le discours de la FSGT d'un point de vue général. Pourtant lorsque l'on fréquente la FSGT, on se rend bien compte qu'il s'agit d'un point très sensible pour les militants. J'ai pu le mesurer en Gironde lors d'un débat sur l'éducation populaire. J'ai l'impression que nous sommes en face, pour la période récente, d'une question qui relève quasiment de l'identitaire. Un engagement qui a permis à la FSGT de réaffirmer de façon très forte et symbolique des valeurs essentielles qu'elle a toujours défendu par le passé et qui reprenaient tout leur sens dans le nouvel environnement géopolitique, notamment après la chute du mur.

*Confédération Sportive Internationale du Travail

3) Justement, assiste-t-on vraiment alors à un passage du « socio-politique » au « socio-culturel », comme le disait la direction de la FSGT, inspirée par les réflexions de Joffre Dumazedier ?

De fait les année 47-65 s'avérèrent effectivement une phase très socio-politique parce que le contexte ne laissait guère le choix. Toutefois j'ai l'impression que même si Joffre Dumazedier n'avait pas fourni ses clés d'analyses à la FSGT, le processus en question aurait surgit, car il était finalement également présent sous le front pop et durant le petit interlude 45-47. Les dirigeants de la FSGT ont été en quelque sorte pris en otage ensuite, quand la guerre froide s'installa, dans un monde qui les contraignait à choisir un camp, choix il est vrai facile pour eux au vu de leur encartement. Pourtant dans cette fédé, ce qui est intéressant, et qu'on ne retrouve pas dans les autres courants affinitaires du sport français, c'est qu'elle va trouver la force de se relever, de se façonner un autre chemin. Nous l'avons déjà rappelé au niveau des relations internationales, dans lesquelles le partenariat avec le bloc socialiste devient de moins en moins déterminant, sans totalement disparaitre.

Il se produit de fait durant les années 70 un changement culturel au sein duquel, plus encore que l'autogestion, le paradigme d'éducation remplace l'ancien logiciel. En terme de bascule, indiscutablement l'arrivée de profs d'EPS, certes communistes, joue énormément en terme d'ouverture et je pense qu'historiquement cela permette à la FSGT d'assurer une forme pérennité. Je nuancerais en signalant qu'il faudrait toutefois clarifier les relations entre la FSGT et le Parti communiste, et sa commission sportive, qui comptait des dirigeants de la fédération.

Je m'interroge maintenant sur l'avenir, sur le cri d'alarme que je peux entendre concernant une certaine « dépolitisation » des pratiquants ou des bénévoles et sur les chocs de générations. Des difficultés qui pour le coup n'affectent pas que cette fédération. Par ailleurs il semble évident au regard de ces dernières années que la FSGT joue son avenir dans le champ de l'innovation, notamment dans les pratiques. Il faut qu'elle renouvelle une fois encore son logiciel en gardant sa tonalité militante qui la caractérise.

Publié dans Omnisport, FSGT, Lecture

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